Jacques Lamarre + Associés

Prenons en mains notre santé psychologique !

Julien, un homme âgé d’une trentaine d’années, se présente à sa première rencontre en psychothérapie. Il entame la séance en disant : «Je ne sais pas ce que j’ai, mais depuis environ trois semaines, je me sens très fatigué et très irritable. Je fuis mes collègues de travail, parce que je n’ai pas le goût de parler. Ma conjointe et mes enfants m’énervent. Même mon chat me dérange ! Quand je suis au travail, je sais que ça me ferait du bien d’aller marcher dehors pendant mes heures de dîner, mais ça ne me tente pas. D’ailleurs, il y a bien longtemps que je ne suis pas allé courir, comme j’avais l’habitude de le faire quelques soirs par semaine, et mon tour de taille commence à s’en ressentir ! Pourtant, je suis une personne habituellement débordante d’énergie…»

Dans cet exemple, les propos tenus par Julien ressemblent à ceux qu’ont déjà tenus de nombreuses personnes un jour ou l’autre dans leur vie, surtout au cours de la saison hivernale ! Évidemment, tous n’ont pas eu nécessairement besoin de consulter un psychologue pour se sortir de leur inconfort, mais il arrive que certains individus puissent avoir besoin de cette forme d’aide pour y arriver. Regardons de plus près les différents moyens à notre portée pouvant nous aider à maintenir une bonne santé psychologique.

Afin de préserver notre santé, nous devons parfois faire des choix ou apporter certains changements à notre mode de vie, malgré la pression extérieure, incluant celle qui découle de notre famille et de notre travail. Par exemple, en ce qui a trait à ce dernier, des facteurs tels la surcharge de travail, les heures supplémentaires, la peur de dire «non» à notre patron et la crainte de déplaire à nos collègues peuvent entraîner un lot de stress important. Si nous ne trouvons pas de moyens pour parvenir à gérer notre stress, des malaises peuvent survenir : maux de dos, tensions cervicales, fatigue, humeur maussade, etc. Il s’avère, par conséquent, nécessaire d’agir sur chacun de ces facteurs afin de prendre soin de notre équilibre mental. Si l’on se sent survolté, il est essentiel de prendre le temps de s’arrêter, de faire le point sur ce qui ne va pas et d’identifier les actions à poser pour recouvrer notre bien-être.

Attention ! Il ne faut pas mettre toute la responsabilité de sa santé mentale sur son employeur. Après tout, un travailleur est avant tout un humain, avec sa vie intérieure, son passé et ses zones de fragilité ! Par conséquent, notre vie personnelle et notre vie familiale ont aussi un impact sur notre bien-être. À titre d’exemple, les responsabilités qui incombent aux parents de jeunes enfants, qui doivent courir entre la garderie, le travail, les tâches ménagères et les devoirs, ainsi que celles des enfants de parents âgés en perte d’autonomie, qui doivent veiller au bien-être de ceux-ci, placent souvent les individus en situation de conflits de rôles. Résultats : le niveau de stress est à son apogée et on ne sait plus où donner de la tête ! Vite ! Il faut agir avant que le surmenage ne ravage notre santé ! Établissons nos priorités et travaillons à accepter que nous sommes humains, donc imparfaits, et qu’on ne peut pas tout contrôler !

Quelles sont les clés qui peuvent nous aider à mieux gérer notre stress et ainsi éviter le surmenage ? Selon Pierre E. Flaubert, psychologue, 5 éléments, ou clés, pourraient nous aider à préserver notre équilibre psychologique . Les voici :

Première clé : «savoir s’arrêter» : cela signifie prendre le temps de quitter la course frénétique et enivrante dans laquelle nous nous trouvons quotidiennement. Ce temps d’arrêt nous permet de respirer en profondeur et de reprendre notre souffle. Il nous amène parfois à prendre conscience à quel point notre corps est tendu, à quel point nos nerfs sont à fleur de peau et possiblement, à quel point nous nous éloignons parfois de l’essentiel ! Nous arrêter nous donne l’occasion d’être à l’écoute de notre voix intérieure, de regarder ce que nous fuyons et de laisser tomber nos barrières ou mécanismes de défense, si ceux-ci nuisent à notre évolution.

Deuxième clé : «bien se nourrir» : il importe non seulement de bien alimenter son corps, mais aussi son coeur et son esprit. Plusieurs ouvrages abordent le lien entre le bien-être physique et la santé psychologique. D’ailleurs, l’adage «Un esprit sain dans un corps sain» semble tout à fait juste : l’esprit a un impact majeur sur la santé du corps et vice-versa. Tous nos états d’âme peuvent provoquer des réactions physiologiques, utiles ou nuisibles à notre état de santé en général. «Bien se nourrir» peut aussi signifier s’intéresser à l’art, pratiquer un exercice physique, avoir des loisirs, s’entourer de gens qu’on aime, rire, etc., en autant que ces activités aient un sens à nos yeux et qu’on y puise du plaisir.

Troisième clé : «apprivoiser le silence». Le silence peut faire peur, certes, mais il nous permet d’entendre ce que les bruits environnants nous empêchent d’entendre et ainsi de nous rapprocher de notre vérité intérieure, de nous sentir en paix avec soi et avec le monde qui nous entoure, de prendre une pause pour faire le vide et de se détendre. Essayez de prendre l’habitude de ne pas allumer le radio ou le téléviseur systématiquement lorsque vous êtes seul. Vous verrez comme il peut être apaisant d’écouter le silence !

Quatrième clé : «découvrir notre mission». La mission d’une personne, c’est l’orientation donnée à sa vie, en accord avec l’appel de son âme. Elle peut revêtir diverses formes : un but à atteindre, une passion, un désir profond et persistant. À quoi sert mon travail ? La vie se résume-t-elle à l’éternel métro, boulot, dodo ? La mission devient cet appel à l’actualisation personnelle du sens que je veux donner à ma vie. Tant et aussi longtemps que nous serons convaincus d’une mission à accomplir, notre vie aura une direction qui fera du sens pour nous. Des moments de repos et de réflexion peuvent par exemple nous permettre d’approfondir le sens de notre travail, ce qu’il apporte aux autres, mais aussi ce qu’il nous apporte comme occasion de développement et de réalisations.

Cinquième et dernière clé : «agir» : Toutes nos réflexions demeurent stériles si nous ne passons pas à l’action. En effet, on peut avoir bien des projets et bien des idées stimulantes, mais si on n’établit pas quelles sont les étapes nécessaires à la réalisation de nos projets et qu’on ne passe pas à l’action, un sentiment de détresse pourra être ressenti et maintenir l’individu dans un état d’impuissance pouvant même conduire à la dépression. L’établissement de but et le passage à l’action s’avèrent donc essentiels au bien-être psychologique.

En somme, ces 5 clés sont des outils pouvant nous aider à prendre en mains notre santé psychologique et à la préserver au jour le jour. Peut-être en connaissez-vous d’autres ? Peu importe le moyen qu’on prendra pour remédier à nos difficultés, l’important, c’est d’agir si un malaise intérieur persiste. Demeurez vigilants ! Avec la venue des beaux jours printaniers, pourquoi ne pas prendre en mains notre santé psychologique et ainsi profiter pleinement de cette magnifique saison ? N’hésitez pas à communiquer avec votre programme d’aide si vous en sentez le besoin !

Votre bien-être nous tient à cœur !

Marjorie Laberge,
Psychologue et conseillère au PAE