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"Une bonne communication est gage de réussite de nos relations interpersonnelles". Qui d’entre nous n’a pas déjà entendu cette affirmation? Mais au juste, qu’est-ce que «bien communiquer»? Comment y parvenir?
La communication est le moyen par excellence de se rapprocher de l’autre, de dissoudre les malentendus, de prévenir et de régler les conflits. En fait, entretenir une relation nourrissante sans communiquer nous paraît impossible.
Voici les 6 clés pour bien communiquer :
1) Réduisez votre niveau de stress : Le stress est l’ennemi no 1 à la communication. En effet, au travers de nos journées bien remplies, la fatigue et les tensions causées par le surcroît de travail peuvent entraver considérablement les moments de communication. Au sein d’un couple, quand les conjoints sont anxieux ou entièrement préoccupés par leur travail, la qualité de l’intimité peut elle aussi être affectée. Quand la plus grande partie de l’énergie est consacrée au «faire», il n’y a plus de place pour se rencontrer et pour pratiquer la communication intime. Or, au terme d’une journée de travail, tentez de diminuer votre niveau de stress lors de votre arrivée à la maison en prenant une vingtaine de minutes pour vous détendre. Vous verrez, ces vingt précieuses minutes vous seront profitables et favoriseront les échanges.
2) Consacrez 100% de votre attention à la communication : Lors de nos échanges, notre conjoint(e), nos amis, nos enfants ou nos collègues apprécieront ressentir que nous leur accordons toute notre attention. Afin de ne pas décrocher notre attention de la relation, nous devons veiller à éliminer les sources de distractions (p. ex. la télévision) et regardez l’autre dans les yeux. Si vous avez à aborder un sujet plutôt délicat, choisissez le moment et l’endroit pour le faire (p. ex., donnez-vous un rendez-vous au restaurant; allez prendre une marche pour discuter; attendez que les enfants soient endormis ou absents). Retenez qu’il vaut mieux offrir vingt minutes de concentration totale à écouter quelqu’un que deux heures avec l’esprit ailleurs!
3) Parlez de vous et non de l’autre : Sans s’en rendre compte et malgré leur bonne volonté, de nombreuses personnes ne savent pas comment parler d’elle-même et comment exprimer à l’autre leurs besoins et leurs émotions. Par conséquent, elles tiennent parfois des propos accusateurs et glissent dans un mode de communication défensif. Celui-ci résulte de la mise en fonction inconsciente de ce qu’on appelle les «mécanismes de défense», tels que la projection, l’interprétation, le jugement et la généralisation. Les extraits des dialogues suivants illustrent ces derniers : Suzie s’adresse à son conjoint Robert et lui dit :«Tu n’es plus intéressé à moi et tu ne m’aimes plus» (projection), plutôt que «J’ai peur de ne plus t’intéresser et que tu ne m’aimes plus»; «Tu me parles constamment du travail extraordinaire de ta nouvelle collègue. Dis plutôt qu’elle te plaît et que tu es attiré par elle» (interprétation), plutôt que : «Tu me parles souvent de ta nouvelle collègue. Je suis inquiète, j’ai peur qu’elle te plaise et que tu développes avec elle une relation intime»; «Tu es toujours en retard, j’en ai marre» (généralisation), plutôt que «Tu as été trois fois en retard cette semaine, cela me préoccupe»; «Ce film était très bon. Tu n’as aucun goût et tu n’y connais rien» (jugement), plutôt que «Nous ne partageons pas le même opinion sur ce film! Si tu veux, j’aimerais connaître ton point de vue…». Dans ces quatre exemples, on voit en un premier temps que Suzie ne parle pas d’elle-même et qu’elle tient des propos accusateurs. Ses paroles risquent donc d’être génératrices d’éloignement plutôt que de rapprochement. On voit par la suite comment l’utilisation du «Je» et de l’expression du vécu émotionnel de Suzie peut transformer son mode de communication défensif initial en une communication plus objective et beaucoup moins accusatrice.
4) Apprenez à maîtriser l’art de la reformulation : La reformulation est un outil indispensable à une bonne communication. Elle permet de bien comprendre le message de l’autre et de le recevoir avec objectivité, sans le déformer. Il ne s’agit pas d’agir en perroquet! Il s’agit plutôt d’exprimer à l’autre dans nos propres mots ce qu’on a saisi du contenu de ses propos. La tendance naturelle de la plupart des gens est d’intervenir sur la parole de l’autre dès qu’ils ressentent un malaise. Or, laissez votre interlocuteur parler jusqu’au bout en lui accordant toute votre attention, puis demandez à faire de même lorsque viendra votre tour de prendre la parole. Commencez par reformuler le contenu de ses propos, puis s’il vous confirme que vous avez bien saisi le message qu’il voulait vous transmettre, enchaînez avec vos idées.
5) Tenez compte de la communication non verbale : Lorsqu’on est en relation, notre corps nous transmet de l’information importante sur les émotions qui nous habitent. Il importe d’être attentif à ces messages, ceux-ci nous fournissant de précieux indices sur notre vécu émotionnel et celui de la personne en notre présence. Par exemple, si un de vos collègues vous dit qu’il se sent très bien, mais vous raconte un événement donné avec des sanglots dans la voix ou des tremblements, soyez sensibles à ces indices corporels. Ils sont porteurs de messages que les paroles à elles seules ne permettent pas d’identifier!
6) Soyez authentique : La communication authentique, c’est celle qui nous permet d’être vrai avec soi-même et avec les autres. Elle exige que nous prenions nos points de référence en nous-même et non dans le regard de l’autre, que nous parlions et agissions en fonction de nos besoins, de nos émotions, de nos valeurs et de nos opinions, au risque de s’attirer le jugement, la critique et le rejet, au risque aussi de blesser l’autre et d’être blessé. Nombre de gens s’empêchent d’exprimer leurs malaises et leurs besoins ou d’affirmer leurs opinions, parce qu’ils ont peur de souffrir. Ce refus de la souffrance à court terme risque tôt ou tard d’entraîner une souffrance beaucoup plus profonde.
En somme, bien communiquer c’est accorder à l’autre toute notre attention, le laisser parler sans l’interrompre, reformuler le contenu de ses propos afin de vérifier si on a bien saisi son message, s’occuper de nos besoins et tenir compte des siens, porter attention aux signaux que notre corps et le sien nous envoient et oser affirmer nos opinions, au risque de le décevoir. Soulignons de plus que la communication ne doit pas tomber dans le reproche et le désir de changer l’autre. Il importe de chercher ensemble des moyens de composer avec la réalité. Sachez reconnaître les forces et les richesses de l’autre, de même que vos erreurs.
Maintenant que vous connaissez les six clés de la communication, mettez les en pratique! Vous verrez, vos relations interpersonnelles n’en seront que plus satisfaisantes. Pour en savoir plus, n’hésitez pas à communiquer avec votre programme d’aide aux employés!
Marjorie Laberge Psychologue et conseillère au PAE
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