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Dans le cadre du lancement du film vidéo de sensibilisation "Bien jouer son jeu" par Monsieur Roger Bertrand, ministre délégué à la santé, aux Services sociaux, à la Protection de la jeunesse et à la Prévention, notre spécialiste dans le traitement du jeu compulsif, de l'alcoolisme et de la toxicomanie, Madame Anne Gauvin a accordé une entrevue à Mélanie Brisson du Journal de Montréal. Voici l'article paru le 25 mai 2002.
Les joueurs compulsifs au travail : mensonges, fraudes, absences…
Certains joueurs compulsifs deviennent si accros qu’ils n’hésitent pas à quitter le boulot sur l’heure du midi pour jouer ou encore à passer leurs heures de travail devant les machines vidéopoker.
Mélanie Brisson
« J’ai joué sur le temps de mon employeur souvent, souvent. Ce n’était pas deux jours de temps en temps, c’était des semaines », confie Jean une ex-victime du jeu pathologique. Son témoignage figure dans le film vidéo de sensibilisation Bien jouer son jeu ! lancé hier par le ministre délégué à la Santé, aux Services sociaux, à la Protection de la jeunesse et à la Prévention, Roger Bertrand. François a lui aussi partagé son expérience. Pour jouer, il a volé son employeur. « Quand j’ai rencontré les actionnaires, ils m’ont dit : il y a eu de la fraude, tu nous dois x montant, on n’a pas d’autre choix que de te mettre à la porte » raconte-t-il.
Menteurs et voleurs « Je vois surtout des employés qui tricotent leur compte de dépenses ou qui volent du temps » indique la psychothérapeute Anne Gauvin, qui œuvre auprès des travailleurs victimes d’un problème de jeu. « Ils accumulent environ cinq heures de retard par mois » , ajoute la spécialiste de la firme montréalaise Jacques Lamarre et associés. Selon elle, le terme joueur compulsif se conjugue aussi bien au féminin qu’au masculin. « Ce sont souvent des gens de la classe moyenne », précise la psychothérapeute. « J’ai des clients qui ont dilapidé 80 000 $ dans les machines en une année. Même s’ils savent que le lot est de 500 $ », ils vont dépenser 2000 $ dans la soirée », souligne-t-elle. Mme Gauvin dit avoir constaté une forte progression du phénomène au cours des dernières années. « Et 85 pour cent des problèmes de jeu sont dus aux machines. Elles sont plus attrayantes qu’avant et le hic c’est qu’elles sont très accessibles », déplore-t-elle. À ce sujet, le ministre Roger Bertrand s’est félicité hier que le nombre de machines vidéopoker soit passé de 40 000 à 14 300 en territoire québécois.
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