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Dépression et vie familiale

Appelons-la Simone. Simone constate que depuis quelques semaines son mari, Robert, ne dort que quelques heures par nuit.  Il néglige ses responsabilités, est irritable avec les enfants et leur porte peu d’intérêt. Il mange sans appétit, collabore moins aux tâches domestiques et se sent coupable de laisser Simone assumer seule ce fardeau. De plus, Robert a perdu tout intérêt pour son travail. Accablé et fatigué, il accumule des retards à l’emploi et des journées de maladie durant lesquelles il s’isole et reste couché. Il accepte difficilement son état, lui qui était si actif et débordant d’énergie.

De son côté, Simone s’efforce de semer la joie dans sa famille afin de montrer à Robert le côté positif des choses.  Au fond d’elle-même, Simone est inquiète. Il y a quelques jours, son mari lui a confié que son avenir était sans issue et que personne ne pouvait rien pour lui. Ses propres enfants, sans trop comprendre ce qui se passe,  ressentent bien que quelque chose ne va pas.  Hier, au coucher, le plus jeune lui a dit  « Demain, je serai plus gentil. Comme ça papa sera moins fatigué et toi tu iras mieux. »

Vivre avec une personne dépressive peut exiger une part importante de son énergie. Face à ce défi, plusieurs préfèrent s’éloigner alors que d’autres tentent d’apporter leur aide au meilleur de leur connaissance. Pour ceux et celles qui souhaitent offrir leur soutien, il importe, avant toute chose, de bien connaître les symptômes de la dépression. Déceler les symptômes de la maladie permet d’éviter les jugements de valeur et d’intervenir le plus rapidement possible pour réduire sa progression.

Les symptômes

Que doivent donc observer les proches qui soupçonnent que l’un des leurs est atteint de dépression?  Au début, la dépression est parfois difficile à déceler.  La personne qui en est atteinte peut manifester des signes d’irritabilité, d'impatience ou encore pleurer plus souvent. Elle se sent plus triste ou vide et présente une diminution marquée de l’intérêt ou du plaisir dans l’une ou presque toutes les activités de sa vie.  Ces symptômes s’accompagnent souvent d’un état de fatigue persistant ou d’une perte d’énergie.

D’autres symptômes viennent généralement s’ajouter à ce tableau.  Il n’est pas rare d’observer des modifications au niveau des rythmes du sommeil et de l’appétit de même  que de l’agitation, ou bien, son contraire, l’impression de fonctionner au ralenti. De plus, la personne dépressive rapporte souvent des difficultés au niveau de la pensée comme, par exemple, des difficultés de concentration, de la confusion et de l’indécision qui la rendent parfois incapable de faire des choix relativement simples.  Un sentiment de dévalorisation ou de culpabilité excessive à l’idée d’être malade et des pensées sombres, incluant parfois  la présence d’idées suicidaires, viennent compléter ce portrait.

La dépression se carac-térise donc par un désinvestissement massif des relations interpersonnelles et des activités qui amène graduellement la personne à se replier sur elle-même, à s’isoler et à broyer du noir, souvent contre sa propre volonté.

Quoi Faire?

Selon l’ampleur et la sévérité des symptômes dépressifs, l’ensemble de l’organisation et des relations familiales risque, à plus ou moins long terme, d’être déstabilisé.

Bien que les proches cherchent de tout cœur à aider et à comprendre la personne dépressive, ils luttent souvent contre leurs propres sentiments d’im-puissance et de culpabilité à l’idée de ne pouvoir la soulager de son mal. À la longue, ils finissent eux-mêmes par se sentir incompris, chacun vivant sa part de frustration et de délaissement.

Afin réduire les effets nocifs de la dépression sur la vie familiale, il importe de développer des manières d’être qui permettront à chacun de maintenir son propre équilibre tout en aidant la personne dépressive à se sentir comprise et acceptée.

Voici donc, quelques attitudes à adopter:

Encouragez l’adhésion au traitement.  Il s’agit de motiver la personne à consulter et à suivre son traitement.  Une rencontre avec le médecin ou un psychologue est un bon point de départ pour identifier le type de traitement requis.

Facilitez l’accès à l’information sur la maladie et le traitement. Recherchez de l’information de qualité et mettez la personne en contact avec des gens qui ont déjà vécu une dépression. Ces échanges permettront à la personne dépressive de développer des attentes réalistes face à sa guérison.

Faites de votre mieux : ne vous demandez pas l’impossible. Ne prenez pas la responsabilité de soulager ses souffrances. Il s’agit de sa dépression et non de la vôtre.  Renoncez à vos exigences de tout prévoir, de tout contrôler.  Trop de surprotection ne ferait qu’encourager la dépendance de la personne dépressive et retarder le retour de son autonomie.

Encouragez le développement de son sentiment de responsabilité. Laissez la personne être responsable de la gestion de sa vie et de ses projets. Faites votre part tout en lui laissant faire la sienne. Recherchez plutôt la collaboration.

Remarquez ses succès. À l’occasion, souligner ses efforts. Dites-lui les petites choses qu’elle fait et que vous appréciez, ou encore, rappelez-lui les qualités qu’elle possède et que vous aimez. Vous l’aiderez ainsi à persévérer dans ses efforts et à se percevoir plus positivement.

Prenez soin de vous. Continuez à vous intéresser à vous-même. Identifiez vos besoins et vos limites. Verbalisez vos émotions y compris votre propre découragement. Réservez-vous du temps pour la détente et les loisirs. Sortez avec des amis, amusez-vous.

Demandez de l’aide lorsque cela est nécessaire… Cela vous aidera à mieux comprendre ce qui se passe en vous. Confiez-vous à des amis et, si cela ne suffit pas, n’hésitez pas à recourir aux services de votre programme d’aide au personnel.  Nos conseillers sont disponibles pour vous aider à mieux composer avec ce type de difficulté.

Ginette Soucy, Conseillère chez Jacques Lamarre et Associés