Jacques Lamarre + Associés

La honte et la solitude des femmes aux prises avec des problèmes de dépendance ou de toxicomanie

Nous constatons avec beaucoup de regrets que bénéficiant des même programmes d'aide aux employés ou des mêmes ressources que les hommes, les femmes hésitent à sortir de l'ombre pour recevoir de l’aide lorsqu’elles ont des problèmes de dépendance ou de toxicomanie.   D'après les statistiques, 70% des personnes en désintoxication sont des hommes.

Alors que l'homme accepte souvent l'aide qui lui est offerte dans son milieu de travail, la femme elle, reste enfermée dans la honte et la culpabilité. En effet, les problèmes de consommation chez la femme sont perçus plus négativement que ceux des hommes.  La femme se sent jugée par la société et a peur des stigmates qu'on collera sur elle et sur sa famille.  La femme tente donc de se protéger et de protéger ceux qu'elle aime en cachant sa consommation, ce qui a pour impact d’alimenter sa solitude et sa honte.

S'ajoutent aussi à cette peur du jugement, la peur de perdre la garde des enfants, la peur du manque de moyens financiers pour subvenir à leurs besoins et la peur d'être abandonnée par le conjoint. Effectivement, les conjoints ont  moins de tolérance envers les problèmes de consommation de leurs conjointes. Ils ont tendance à les quitter plus rapidement, les femmes se retrouvent donc souvent monoparentales.
 
Lorsqu’elles consomment, les femmes ont tendance à s'enliser dans la perte d'estime de soi et banalisent leurs comportements abusifs. Elles tentent de continuer à composer avec les situations difficiles, les problèmes et le stress. Après avoir consacré plusieurs années à l’éducation des enfants, plusieurs femmes se retrouvent avec un grand vide intérieur. Elles auront jusque là réussi plus ou moins bien à contrôler leur consommation, mais rendu à cette étape c’est souvent la déroute. Elles ne contrôlent plus rien.

Il y a d’autres femmes qui sont insatisfaites de certains aspects de leur vie, mais se sentent incapables d’améliorer la situation. Elles se tournent alors vers l’alcool, les médicaments ou les autres drogues pour composer avec le stress qui découle de ces insatisfactions. Généralement, les femmes demandent de l'aide lorsque leur état mental et physique est très détérioré. La honte et la culpabilité les maintiennent trop longtemps dans l’isolement. Malheureusement, leur motivation à se rétablir diminue grandement lorsqu'elles perdent la garde de leurs enfants.  

Si vous êtes dans cette situation, vous pouvez avoir l’impression d’avoir perdu le contrôle et vous commencez peut-être à consommer dans l’espoir de vous sentir reprendre ce contrôle. L’alcool ou les drogues ne régleront pas vos problèmes. En fait, ils peuvent les aggraver. Si vous consommez déjà régulièrement, ou avez tendance à en abuser, vous pouvez vous sentir déprimée et impuissante face à votre situation. Essayez plutôt de vous occuper de vous-même, même si parfois l’envie n’y est pas. Demandez de l’aide, ne vous laissez pas arrêter par l’attitude des autres. Peut-être ressentez-vous de la peur ou de la gêne, mais ne laissez pas ces sentiments faire obstacle à votre intention d’obtenir de l’aide. Vous n’êtes pas seule et vous en valez la peine!

Anne Gauvin, conseillère en alcoolisme, toxicomanie et jeu compulsif
En collaboration avec Mireille Fugère, de l’Auberge du Nouveau Chemin